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Juillet 2026

Agriculture : 2025 marque le retour de la croissance

Selon les dernières estimations de l’INSEE, en 2025, la valeur de la production agricole progresse de 4,7 %, soutenue par le redressement des volumes (+2,2 %) et une hausse des prix (+2,4 %). Une reprise qui masque toutefois de fortes disparités entre les filières et souligne, une nouvelle fois, l'impact déterminant des conditions climatiques.

L'élevage tire la croissance

La production animale constitue le principal moteur de cette embellie. En 2025, sa valeur augmente de 10,1 %, principalement sous l'effet d'une revalorisation des prix (+9,3 %), alors que les volumes restent pratiquement stables (+0,7 %). Cette amélioration permet de compenser les performances plus modestes des productions végétales.

En volume, la faible progression est portée par le lait (+1,8 %) et les volailles (+2,8 %), notamment les poulets et les canards gras. La production d'œufs demeure stable (+0,2 %). A l'inverse, la production de bétail poursuit son recul structurel (-1,1 %), avec des baisses plus marquées pour les veaux (-4,4 %) et les gros bovins (-1,8 %). Les ovins-caprins diminuent plus légèrement (-0,7 %). Seule la production porcine parvient à se maintenir (+0,4 %).

Mais surtout, en 2025, les prix de l’ensemble des produits animaux connaissent un net rebond. La forte demande entraîne une envolée du prix des œufs (+31,8 %) et les gros bovins voient leurs cours progresser de 24,6 %. Les prix des veaux et du lait augmentent également (+12,4 % et +5,3 %). Les volailles retrouvent une certaine stabilité après le recul observé en 2024, quand dans le même temps, le prix du porc poursuit son repli (-9,8 %), dans le prolongement de la détente amorcée après les fortes hausses enregistrées en 2022 et 2023.

Céréales et vigne renouent avec de meilleurs rendements

Favorisées par un début d'été 2025 chaud et sec, les céréales voient leur production progresser de 17,6 %, après une campagne 2024 particulièrement difficile. Le blé tendre affiche une hausse spectaculaire de 30 %, tandis que les oléagineux et les protéagineux bénéficient également de meilleures conditions de production. 

La viticulture retrouve également un niveau plus satisfaisant. La production de vin augmente de 5,9 % en 2025, portée avant tout par le rebond des vins de Champagne (+18,9 %), après les faibles vendanges de l'année précédente. La hausse se limite à 3,1 % pour les vins d’appellation hors champagne. En revanche, la production des vins sans appellation diminue de 3,0 % à la suite notamment de la réduction par arrachage des surfaces cultivées dans le sud de la France. 

Les cultures de fin d'été pénalisées par la chaleur

Les épisodes de fortes chaleurs et le déficit hydrique ont toutefois pesé sur les cultures récoltées en fin d'été. En 2025, le maïs enregistre un recul de 6,4 %, tout comme le sorgho, le tournesol et le soja. Les fourrages sont particulièrement touchés, avec une baisse de production de 16 %, conséquence directe du manque de précipitations.

Les productions fruitières et légumières présentent également des situations contrastées. 

Des prix toujours sous pression

En 2025, les prix des produits végétaux poursuivent globalement leur repli, notamment pour les céréales (-9,7 %), confrontées à une offre mondiale abondante. Les protéagineux et les oléagineux suivent la même tendance.

Les légumes restent confrontés à une forte pression concurrentielle, entraînant une baisse moyenne des prix de 4,9 %. Les pommes de terre connaissent un recul marqué (-16 %), conséquence directe de récoltes particulièrement abondantes.

A l'inverse, les fourrages voient leurs prix bondir de 16,3 % en raison de disponibilités limitées. Les fruits enregistrent une légère progression moyenne, et le prix des vins demeure relativement stable.

Baisse en valeur des consommations intermédiaires

Les consommations intermédiaires diminuent de 1,0 % en valeur en 2025. Ceci résulte d'une baisse des volumes consommés (-2,1 %), malgré une légère remontée des prix (+1,1 %).

Premier poste de dépenses des exploitations, les achats d'aliments pour animaux reculent de 3,1 % en valeur. Les aliments industriels profitent de la baisse des prix des céréales. En revanche, les aliments produits sur l'exploitation voient leur prix augmenter sous l'effet du manque de fourrages. En volume, la consommation d'aliments pour animaux diminue sensiblement, notamment pour les fourrages autoconsommés.

Les prix des engrais poursuivent leur détente (-2,5 %) après les niveaux exceptionnellement élevés observés entre 2021 et 2023. Dans le même temps, les agriculteurs continuent d'augmenter leurs achats (+3,5 %).

Enfin, en 2025, les prix de l'énergie reculent pour la troisième année consécutive (-9,1 %), grâce à la baisse du gazole non routier, des autres carburants et de l'électricité. Seul le gaz fait exception avec une hausse de 10,5 %.

La valeur ajoutée repartirait à la hausse

La valeur ajoutée brute de la branche agricole rebondirait de 14,4 % en 2025, après deux années de baisse. Ce redressement permettrait au secteur de retrouver un niveau supérieur à la moyenne observée sur la période 2021-2025.

Les subventions d'exploitation atteindraient 8 milliards d'euros, en légère diminution par rapport à 2024, notamment en raison de la baisse des aides agro-environnementales et des dispositifs exceptionnels de crise.

En intégrant les subventions d'exploitation et les impôts à la production, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs progresserait de 10,7 % en 2025. Dans un contexte où l'emploi agricole continue de diminuer légèrement, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par emploi augmenterait de +11,6 %, et de 10,4 % en termes réels marquant un tournant après deux années particulièrement difficiles.

Cette amélioration reste fragile. Les aléas climatiques continuent de peser lourdement sur certaines productions et la volatilité des marchés demeure un facteur d'incertitude pour les revenus des exploitations.

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