Des élevages bovins moins nombreux, plus grands et davantage spécialisés
Entre 2015 et 2025, le nombre de vaches en France métropolitaine est passé de 7,5 millions à 6,4 millions de têtes, soit une baisse moyenne de 1,6 % par an. Cette baisse est plus forte pour les élevages laitiers dont les effectifs de vaches reculent de 15,9 %.
La diminution du nombre d'élevages laitiers concerne l’ensemble du territoire, mais elle est moins marquée dans les départements du "croissant laitier", qui s'étend du Grand Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie) vers le nord du pays, puis se prolonge à l’est jusqu’à la Franche-Comté, aux Alpes du Nord et au Massif central. Dans ces territoires, l'élevage laitier est plus fortement implanté. Agreste note aussi une baisse du nombre d’élevages allaitants plus contrastée selon les territoires.
Ce phénomène s’accompagne d’un agrandissement des élevages qui restent en activité. "Le nombre moyen de vaches par exploitation progresse de 29,0 % dans les élevages laitiers (de 62,5 à 80,7 vaches par élevage) et de 7,4 % dans les élevages allaitants (de 48,8 à 52,4 vaches par élevage)".
Une spécialisation accrue
Sur la décennie 2015‑2025, les élevages laitiers se spécialisent dans la production de lait au détriment de l’activité d’engraissement. Le système “laitier spécialisé” s'impose comme le modèle le plus répandu, avec un taux de maintien élevé : plus d’un élevage sur deux (56,5 %) conserve ce profil dix ans après.
A l’inverse, les élevages “laitiers engraisseurs” se reconvertissent massivement (41,9 %). Ils basculent soit vers le système “laitier spécialisé” (28,9 %, soit 6 200 exploitations), soit vers le système allaitant (13,0 %, soit 2 800 exploitations). La Normandie illustre particulièrement cette mutation : les élevages “laitiers engraisseurs” ont été divisés par deux, tandis que les “laitiers spécialisés” ne reculent que de 8,8 %, portés par les reconversions. En Bretagne et dans les Pays de la Loire, la part des “laitiers spécialisés” est passée de 67,7 % à 78,0 % en dix ans.
Dans les élevages allaitants, la décennie écoulée confirme un recentrage sur le modèle “naisseurs”. Un peu plus de la moitié des exploitations engagées dans ce modèle en 2015 (53,6 %) le conservent encore en 2025. Cette tendance est particulièrement visible dans le bassin charolais, où le modèle “naisseurs” reste largement dominant : il représentait 72,0 % des élevages allaitants en 2015 et atteint 72,6 % dix ans plus tard. A l’inverse, le nombre d’élevages “naisseurs-engraisseurs” diminue de 26,1 %, en partie du fait de reconversions vers le système “naisseurs” (18,9 %).