Grandes cultures : les rendements fortement pénalisés par les fortes chaleurs
Les conditions climatiques de l’été 2026 pèsent lourdement sur les rendements des grandes cultures. Selon les dernières estimations d’Agreste, la production française de maïs grain, semences comprises, est estimée à 8,1 millions de tonnes, soit une baisse de 42 % sur un an. Ce recul s’explique à la fois par la diminution des surfaces récoltées (- 26 %) et par la chute du rendement, évalué à 68,2 q/ha (- 21 %). Agreste prévoit une récolte pouvant atteindre son niveau le plus faible depuis 1980. Certaines parcelles en mauvais état, essentiellement de maïs non irrigué, ont finalement été récoltées pour ensilage, une réorientation encouragée par le manque de fourrages disponibles dans les zones d’élevage. Les surfaces concernées pourraient représenter environ 120 000 d’hectares.
Le tournesol est également fortement affecté. Sa production est attendue à 1,3 million de tonnes, avec un rendement inférieur à 17 q/ha, décrit comme historiquement bas. En revanche, la production de colza est confirmée à 4,7 Mt, soit près de 15 % au-dessus de la moyenne 2021-2025, du fait d’une forte hausse annuelle des surfaces cultivées, tandis que le rendement reste dans la moyenne.
La production de betteraves en 2026 est aussi pénalisée par les conditions climatiques. Elle s’établirait à 25,4 Mt, un point bas depuis au moins 1980. Elle chuterait de 29 % sur un an (- 10,5 Mt), sous l’effet conjoint d’une diminution de 6 % des surfaces cultivées et surtout de 24 % du rendement moyen, estimé à 68,2 t/ha, l’un des plus faibles depuis les années 2000, après ceux de 2020 (crise de la jaunisse) et 2001 (excès de pluies).
Une baisse également marquée à l’échelle européenne
La mauvaise campagne du maïs ne concerne pas uniquement la France. Dans l’Union européenne, la production de maïs grain est désormais estimée à 49,1 millions de tonnes, contre 50,8 millions de tonnes prévues en août. Les prévisions de rendement ont notamment été revues à la baisse en Hongrie, en Allemagne et en France. En recul de 18 % par rapport à 2025, la récolte européenne passerait ainsi sous le seuil des 50 millions de tonnes pour la première fois depuis plus de 16 ans.
Les autres céréales sont également orientées à la baisse. La production européenne de blé tendre diminuerait de 8 % sur un an, à un peu moins de 124 millions de tonnes. Le blé dur reculerait également de 8 %, à 7,4 millions de tonnes.
Du côté des oléagineux, la production européenne de colza atteindrait 19,5 millions de tonnes, en baisse de 3 % malgré une progression des surfaces. A l’inverse, le tournesol progresserait de 7 %, à 9,4 millions de tonnes, grâce notamment à des rendements élevés attendus en Bulgarie et en Roumanie.
Ces données restent susceptibles d’évoluer au fur et à mesure de l’avancement des récoltes.