Surfaces bio : l’Europe poursuit sa dynamique, mais...
Quatre pays, dont la France, concentrent plus de la moitié des surfaces bio européennes.
L'Espagne, la France, l’Italie et l’Allemagne représentent, à eux seuls, 56 % des surfaces cultivées en bio au sein de l’Union européenne. En nombre d’exploitations, l’Italie, la France, la Grèce et l’Espagne regroupent 60 % des fermes bio de l’UE.
Si l’Espagne demeure en première position pour ce qui concerne les surfaces agricoles cultivées, rapportée à sa propre SAU, la part du bio ne la place qu’au 11ᵉ rang des Etats membres (la France se situant au 15e rang).
A l’inverse, certains pays affichent une proportion élevée de surfaces bio (certifiées et en conversion) dans leur territoire agricole (SAU nationale). L’Autriche est en tête avec 27,2 % de sa SAU en 2024, suivie par l’Estonie (22,5 %), la Grèce (21,7 %), le Portugal (20,3 %), l’Italie (20,2 %).
Au total, quinze pays dépassent désormais les 10 % de SAU en bio.
Des trajectoires nationales très contrastées sur vingt ans.
Si les surfaces bio ont globalement plus que triplé entre 2004 et 2024, la situation a évolué plus ou moins vite et plus ou moins régulièrement selon les pays.
Par exemple en Espagne, les surfaces bio ont quadruplé en vingt ans, dépassant 2,9 millions d’hectares en 2024. Cette progression est liée notamment au développement des importations bio espagnoles. Cependant, après dix années de hausse continue, les surfaces ont reculé entre 2023 et 2024, en particulier dans les cultures fruitières.
La France connaît une situation similaire. Si ses surfaces bio ont plus que quintuplé en vingt ans, atteignant 2,7 millions d’hectares en 2024, elle a aussi connu une baisse de ses surfaces en 2023 puis en 2024.
En revanche, l’Italie enregistre une progression continue depuis treize ans, ses surfaces bio ont plus que doublé en vingt ans, dépassant 2,5 millions d’hectares en 2024. De même, en Allemagne, la croissance a été sans interruption et en 2025, ses surfaces progressent encore de 1,1 %.
La Cour des comptes européenne, dans son rapport du 23 septembre 2025, indiquait que les 12 milliards € investis depuis 2014 pour développer les surfaces biologiques n’avaient pas produit les résultats attendus : ciblage insuffisant des financements pour renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur, articulation limitée entre objectifs environnementaux et commerciaux, manque de données pour évaluer l’impact. Le rapport constatait également les limites de l’objectif non contraignant de 25 % de surfaces agricoles bio d’ici 2030 et recommandait une vision stratégique post-2030, assortie d’objectifs mesurables et d’un soutien mieux orienté dans la PAC post-2027.