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Juin 2026

Agritourisme : un rapport appelle à structurer une filière encore freinée en France

L’agritourisme n’est pas seulement un revenu d’appoint pour les agriculteurs : il peut devenir un véritable levier de régénération agricole et territoriale. Une mission parlementaire conduite par Anthony Brosse, député du Loiret, et Sylviane Noël, sénatrice de Haute-Savoie, dresse un état des lieux du secteur et formule plusieurs recommandations pour lui permettre de changer d’échelle.

Selon le recensement général agricole de 2020 (Agreste), 13 194 exploitations agricoles pratiquaient l’agritourisme, soit un peu plus de 3 % des exploitations agricoles françaises. D’après l’observatoire de Bienvenue à la Ferme, en 2025, l’agritourisme générait environ 23,2 % du chiffre d'affaires des exploitations engagées dans cette démarche, mobilisant 1,3 ETP en moyenne. Le constat est sans ambiguïté : en France, le secteur est bien présent, mais il demeure insuffisamment structuré. 

Structurer la filière

Les auteurs du rapport plaident pour une structuration en profondeur de la filière agritouristique française, à commencer par la création d’un label national spécifique, fondé sur des critères vérifiables, comparables et gradués, à l’image du modèle italien « Agriturismo Italia ». L’objectif : distinguer clairement les exploitations agricoles pratiquant une activité agritouristique des hébergements ruraux classiques.

Simplifier le parcours 

« La filière est aujourd’hui morcelée en silos qui ne s’additionnent pas ; et ce morcellement crée des freins très concrets pour les agriculteurs ». Pour améliorer la visibilité de l’offre et accompagner les porteurs de projets, le rapport préconise notamment la mise en place d’un guichet unique, une plateforme numérique commune pour les réservations et paiements, ainsi qu’une cartographie nationale des structures existantes. Une définition juridique de l’agritourisme dans le Code rural et le Code du tourisme est également recommandée.

Lever les freins réglementaires

Les auteurs proposent par ailleurs d’assouplir les règles d’urbanisme. En zone agricole, les constructions ou aménagements liés à l’accueil touristique ne sont pas considérés comme nécessaires à l’exploitation (art. R. 151-23 du code de l’urbanisme). Les parlementaires suggèrent : de faciliter la construction neuve en zone A pour héberger et accueillir ; de simplifier le changement de destination du bâti existant, en lien avec les Plans locaux d’urbanisme (PLU) ; et de créer une catégorie « ERP agritourisme » (1), avec des seuils adaptés au contexte rural.

Promouvoir la formation des exploitants

Sur le volet des compétences, le rapport privilégie la création de modules de formation continue plutôt qu’une formation initiale obligatoire. Les thématiques de l’hygiène alimentaire, de la gestion, de la fiscalité et de la promotion touristique sont identifiées comme prioritaires.

Simplification de la fiscalité

La mission appelle également à une simplification du cadre fiscal, jugé complexe et source d’incertitudes pour les exploitants. Elle recommande la publication d’une doctrine nationale dédiée à l’agritourisme, la création d’un guichet fiscal pour les exploitants, l’instauration d’un mécanisme de lissage quand un exploitant franchit un seuil (TVA ou régime d’imposition). Des incitations fiscales ciblées sont également envisagées pour soutenir l’investissement dans l’accueil (bâti existant). « Pour un exploitant transformant une grange en espace d’accueil du public, intégrant notamment une salle d’accueil, un sanitaire accessible aux personnes à mobilité réduite et un cheminement extérieur conforme, les budgets observés se situent généralement dans une fourchette de 20 000 à 50 000 €. Ces coûts restent l'un des principaux freins », rappellent les auteurs.

Mobiliser davantage de financements européens

Enfin, le rapport invite à mobiliser plus largement les financements européens disponibles, notamment ceux issus du FEADER, du programme LEADER ou encore du FEDER, afin de soutenir les investissements, la formation et la structuration collective de la filière.

 (1) Etablissement recevant du public

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